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01-02 juillet 2016

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Conseil

Réunion du Conseil aux Nations Unies à Genève

01-02 juillet 2016

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Latifa Perry

 

Le Conseil de l’Internationale Socialiste a tenu une réunion aux Nations Unies à Genève les 1-2 juillet. Ses débats se sont concentrés sur trois thèmes principaux : « Renforcer la réponse politique et humanitaire aux crises internationales actuelles », « Défendre et consolider la démocratie : soutenir la lutte pour les libertés et les droits là où ils sont menacés », et « Le nécessité d’une économie qui fonctionne pour tous – vaincre les inégalités dans l’économie mondiale ». La réunion a débuté avec une minute de silence en hommage aux victimes du récent attentat terroriste à l’aéroport Ataturk d’Istanbul et à leurs proches ainsi qu’aux autres innocents qui ont perdu la vie des suites d’atrocités terroristes à travers le monde. Le Conseil a également émis une déclaration sur l’attaque.

Ce retour dans les murs du Palais des Nations était l’occasion pour l’IS de rappeler les liens existants entre sa vision globale et ses objectifs et ceux des Nations Unies, tel que l’a rappelé Luis Ayala dans son discours d’ouverture. Le Secrétaire général de l’IS a souligné le profond attachement de l’IS au multilatéralisme, à la paix et aux droits universels, rappelant que le Conseil s’est réuni dans la même salle dans laquelle, années auparavant, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies se réunissait, et où il avait été présent comme membre de l’opposition démocratique à la dictature militaire au Chili. Il a annoncé que l’IS se tenait prêt à relever les défis pour œuvrer en faveur de la paix, de la démocratie et des solutions aux crises humanitaires. À l’aune du prochain XXVe Congrès de l’IS, qu’il a annoncé pour décembre 2016, il a attiré l’attention sur la question des inégalités dans l’économie mondiale, un thème majeur du rassemblement.

Les participants ont été accueillis à l’ONUG par le Directeur-général Michael Møller, qui s’est félicité du choix de l’IS de se réunir à nouveau au cœur de Genève internationale, en se concentrant sur les défis mondiaux également inscrits à l’ordre du jour des Nations Unies. Il a confirmé sa conviction que le modèle de gouvernance centré sur l’État était remis en question par de nouveaux acteurs de la société civile, du secteur privé et académique. Ce changement de perspective, vers une approche des enjeux stratégique et inclusive, s’est illustré par l’adoption en 2015 par l’ensemble des États membres des Nations Unies d’une feuille de route historique pour l’humanité, en faveur d’un monde durable pour les générations futures.

Le Président de l’IS, George Papandreou, s’est exprimé à l’ouverture du Conseil, en lançant un appel à l’IS pour faire entendre sa voix dans le monde entier à une époque où il est de plus en plus important de pouvoir compter sur un mouvement social-démocrate fort, capable de prendre l’initiative sur les défis internationaux. Il a présenté la question des inégalités mondiales comme étant un domaine dans lequel la coopération et les partenariats transfrontières sont cruciaux, soulignant l’importance des travaux de la nouvelle Commission de l’IS sur les inégalités. G. Papandreou s’est exprimé sur le calvaire des réfugiés et sur la nécessité de contrer la rhétorique négative dominante, terreau fertile du nationalisme et de l'insécurité. Prenant la parole en tant qu’ancien réfugié, il a souligné qu’il fallait considérer les réfugiés comme un moyen d’investir dans de futures relations avec des pays tiers et la démocratie dans le monde.

Le besoin d’une réponse politique et humanitaire aux crises internationales actuelles a été repris par de nombreux orateurs s’exprimant devant le Conseil au sujet du premier thème, examinant les crises provoquées par des conflits, des déplacements forcés, et le terrorisme, ainsi que les étapes requises pour affronter ces enjeux majeurs. Le consensus prévalait sur le besoin de combiner une réponse politique et humanitaire, et sur le rôle indispensable de la coopération multilatérale dans la solution à apporter. Les débats relatifs à ce thème sont consacrés dans la déclaration sur la réponse politique et humanitaire aux crises internationales actuelles du Conseil.

Lors des débats relatifs aux crises mondiales, différentes approches ont été proposées. Au cours de la première séance du Conseil, plusieurs représentants des forces politiques de Turquie, de Syrie, d’Iraq et d’Iran ont présenté leurs analyses respectives sur la situation des droits de l’homme et du droit humanitaire les concernant. Ces réflexions ont contribué à certains des déclarations et résolutions adoptées ultérieurement par le Conseil, parmi eux, un sur la région kurde. Les représentants des partis membres de l’IS en Israël et en Palestine ont également pris part au débat, et une déclaration sur la question Palestinienne a été adoptée. Toujours en lien avec le premier thème, le Conseil a adopté des déclarations sur les accords de cessez-le-feu en Colombie et le processus de paix à Chypre, a appelé de ses vœux un règlement pacifique et durable au Sahara occidental et répondu aux menaces à la paix et à la sécurité en Libye et au Niger.

Sur le thème de la démocratie, Amre Moussa, présent au Conseil en sa qualité d’invité spécial, a prononcé un discours liminaire. L’ancien Secrétaire général de la Ligue arabe a estimé que l’IS avait un rôle important à jouer dans la lutte contre les croissantes difficultés sociales, économiques, politiques et sécuritaires. Quant au monde arabe, il a ajouté qu’il était inenvisageable de revenir au statu quo ante. Un nouvel ordre régional est nécessaire, avec un rôle renforcé pour le Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de satisfaire les exigences de paix et de négociations pacifiques, faisant écho aux aspirations du peuple.

Les délégués du Conseil ont contribué aux débats en partageant leur vision de la situation de la démocratie dans leur pays respectif. L’ardeur des déclarations formulées figure dans les déclarations du Conseil sur plusieurs pays concernés, adoptées ultérieurement. Elles reprennent notamment les déclarations sur la démocratie au Bélarus, au Tchad, en Guinée équatoriale, en Gambie, en Tunisie et au Venezuela.

Elio Di Rupo, Président de la Commission de l’IS sur les inégalités, a rendu compte de la première réunion de la Commission convoquée à Bruxelles les 3-4 juin, insistant sur le fait que l’IS a la capacité de proposer une réponse progressive aux inégalités actuelles dans l’économie mondiale. Il a lancé un appel à l’action pour réduire les disparités endémiques, caractérisées par le fait que 80 milliardaires dans le monde détiennent une richesse combinée équivalente à celle de 50% de la population la plus pauvre de la planète. Les membres de la Commission sur les inégalités Marian Lupu, ancien président de la Moldavie, Vice-Président de l’IS, et Eero Heinäluoma, ancien président du parlement finlandais et Vice-Président de l’IS, ont abordé également le Conseil sur ce sujet. D’autres représentants des partis membres de l’IS ont par la suite enrichi les débats sur le thème des inégalités en prenant la parole en faveur de ses objectifs, proposant leur vision personnelle sur ce que pourrait faire l’IS en faveur de la réduction des inégalités.

Le Président du Comité éthique, Jean-Paul Buffat (PS, Belgique), a fait rapport sur la réunion du Comité convoquée la veille du Conseil. Le Conseil a approuvé les propositions formulées par le Comité en faveur d’une modification du statut du Parti social-démocrate d’Azerbaïdjan (ASDP) pour un statut de membre de plein droit, de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR, Tchad) pour un statut de membre consultatif et d’affilier le Mouvement populaire pour le progrès (MPP, Burkina Faso) en tant que parti membre de plein droit.

Le Conseil a reçu un rapport du co-président du Comité d’administration et des finances, Maurice Poler (AD, Venezuela), sur la situation financière actuelle de l’organisation et a approuvé les comptes vérifiés proposés. Tous les partis ayant des arriérés de paiement des frais d’affiliation ont été rappelés de leurs obligations financières et de la nécessité de respecter les stipulations des statuts de l’IS pour maintenir leur appartenance à l’Internationale Socialiste.